Vous envisagez une reconversion professionnelle. Pourquoi ne pas tenter de mener cette expérience de l’autre côté de la frontière, en Allemagne ? Des niveaux de salaires plus qu’en France, l’entrée « tardive » sur le marché du travail des Allemands, un dépaysement sans différences culturelles majeures, une langue souvent apprise à l’école et, surtout, une pénurie de main d’œuvre à combler… l’Allemagne est très attractive pour les demandeurs d’emploi et tous les travailleurs Français en quête d’un changement de vie.

Alors pour réussir votre expatriation, zoom sur les 10 métiers qui recrutent en Allemagne et nos 4 conseils clés avant de vous lancer !

Le marché du travail en Allemagne

L’Allemagne connaît un boom de l’emploi. Malgré la crise sanitaire, c’est toujours le pays de l’Union européenne avec le plus faible taux de chômage (environ 6% contre 9% en France). Ces dernières années, l’Allemagne a dû faire face à une importante pénurie de main-d’œuvre qualifiée, qui a, de fait, attiré de nombreux travailleurs étrangers.

Pour les Français, l’expatriation vers l’Allemagne est de nouveau attractive en raison des difficultés sur le marché du travail dans l’hexagone, liées à la pandémie. À titre d’exemple, l’emploi des cadres a connu une chute historique en 2020 avec environ 40 % de recrutements en moins que l’année précédente (le taux de chômage de cette catégorie socioprofessionnelle était de 4% post-pandémie).

Les 10 métiers qui recrutent en Allemagne

Les 10 métiers qui recrutent en Allemagne

Réussir sa reconversion professionnelle en Allemagne

Conseil n° 1 : faire le point sur vos compétences

Que vaut votre diplôme au-delà de la frontière ? Certaines formations françaises sont spécifiques et ne s’exportent peut-être pas comme vous l’espériez. Vous vous demandez si un nouveau diplôme sera nécessaire pour aborder le marché allemand ? Pas nécessairement… Cela ne vous ouvrira pas automatiquement les portes d’un nouveau poste. En effet, le poids des diplômes en Allemagne n’est pas aussi important qu’en France. Pour réussir votre reconversion, il faut changer cet état d’esprit au profit d’une expérience-terrain, par exemple à travers les Freiwilliges Praktikum.

Fréquents en Allemagne, ils permettent de réaliser des stages de découverte au sein de nombreuses entreprises.

Enfin, renseignez-vous sur les formations professionnelles, parfois nécessaires pour se qualifier et acquérir de nouvelles compétences lorsque l’on change de métier. N’hésitez pas à consulter notre article sur les dispositifs et financements de la formation continue allemande.

En d’autres termes, posez-vous les bonnes questions :

  • Quel est mon savoir-faire et quelles sont mes compétences et expériences à mettre à profit pour ma reconversion ?
  • Serait-il judicieux d’acquérir de nouvelles compétences ou de développer certaines des aptitudes professionnelles que je possède déjà ?

Bon à savoir
Sachez que les recruteurs allemands, tout en se focalisant sur l’intitulé de votre diplôme plus que sur sa provenance (l’Allemagne, contrairement à la France, ne divise pas l’enseignement supérieur entre « grandes écoles » et « universités »), sont habitués aux profils atypiques. N’hésitez pas à évoquer vos questionnements personnels ou votre bilan professionnel, vos expériences professionnelles multiples, voire vos insatisfactions. Outre-Rhin, il ne s’agit pas de connotations péjoratives.

Quoi qu’il en soit, réaliser un bilan de compétences pourrait s’avérer judicieux. Quelles sont vos valeurs, vos talents ou encore les accomplissements que vous visez ? En effet, gardez à l’esprit qu’une reconversion professionnelle nécessite de se fixer des objectifs, de les évaluer et de les réajuster si besoin. Au cours des entretiens, vous pourrez ainsi vous appuyer sur un argumentaire solide et étudié.

Si vous vous interrogez sur l’objectif, le déroulement ou sur les démarches pour faire un bilan de compétences, nous vous conseillons de vous rapprocher d’un professionnel rompu à cet exercice. Sachez en outre qu’il existe des financements selon votre situation (CPF, Pôle emploi…).

Conseil n°2 : Choisir des métiers porteurs dans des régions qui recrutent

Avant la pandémie, les secteurs du tourisme et de l’aéronautique offraient de belles perspectives aux travailleurs étrangers. Depuis 2020, les branches liées à l’environnement sont davantage sollicitées. Les travailleurs se tournent plus volontiers vers des métiers porteurs de sens mais aussi des secteurs moins vulnérables aux crises.

Par ailleurs, les régions du Sud de l’Allemagne sont davantage porteuses en termes d’emploi. La pénurie de personnel qualifié persiste et les entreprises continuent de se tourner vers de la main-d’œuvre étrangère. Les professionnels les plus recherchés sont les ingénieurs, les techniciens et les métiers liés à l’export dans l’espace franco-allemand. Surtout, le secteur de la santé recrute toujours autant !

Ainsi, les ingénieurs sont très présents dans les régions du Bade-Wurtemberg, de la Bavière, Rhénanie-du-Nord-Westphalie et la ville d’Hambourg. La ville de Hambourg offre le plus de possibilités dans les secteurs de l’IT, des services, des médias, de la santé et du bâtiment. Son port en fait une ville de choix pour le commerce et la logistique. Francfort se concentre dans les secteurs des services, de la finance, du conseil et de la logistique (aéroport). Berlin, quant à elle, est la capitale des start-ups !

De fait, avant de vous lancer et de changer de métier, il sera utile de répertorier les différentes catégories de métiers qui vous intéressent et de connaître leur besoin en personnel. Prenez le temps d’étudier l’environnement socio-économique du secteur que vous souhaitez rejoindre, mais également les zones géographiques où vous envisagez d’exercer. Pour vous faire une idée des nouveaux métiers et secteurs en Allemagne et de la demande sur le marché, faites un tour sur le site de l’agence pour l’emploi allemande, l’Arbeitsagentur.

À retenir

 

Trois secteurs offrant de bonnes perspectives aux étrangers qualifiés :

  • la médecine,
  • l’ingénierie (construction automobile, électrotechnique, construction, informatique et télécommunication)
  • les disciplines MINT (Mathématique, Informatique, sciences de la Nature et Technique).

Conseil n°3 : Connaître la langue

Les chercheurs d’emploi qui souhaitent tester leur chance en Allemagne ne peuvent évidemment pas faire l’impasse sur la langue ! Même si, pour débuter, l’anglais peut suffire, posséder quelques notions d’Allemand vous sera précieux, quitte à vous perfectionner une fois en immersion.

Le niveau de langue des candidats est crucial dans les domaines techniques où le jargon est parfois difficile à maîtriser. Mais sachez que le manque de main d’œuvre a poussé certaines entreprises à financer des cours de langue aux candidats étrangers qu’elles embauchent.

Conseil n°4 : Anticiper votre dossier de candidature

Pour faciliter votre recherche d’emploi et postuler l’esprit tranquille, la préparation minutieuse de votre dossier de candidature vous permettra de mettre toutes les chances de votre côté. Vos documents doivent être traduits et pas simplement grâce à votre dictionnaire franco-allemand. La transposition de certains documents peut s’avérer très utile, ne serait-ce qu’en termes d’équivalence des diplômes afin d’aider les recruteurs allemands à cibler votre profil. En effet, ces derniers risquent d’être déconcertés devant votre CV « à la française ». Les standards et les spécificités de certains documents incontournables diffèrent même au sein de l’UE.

N’hésitez pas à consulter notre article complet sur le sujet : « dossier de candidature en Allemagne : mettez toutes les chances de votre côté ! »

La crise économique pousse de nombreux travailleurs à donner un tournant à leur carrière en optant pour la reconversion professionnelle. En dehors de cette situation hors norme, la réorientation liée à un désir de s’expatrier n’est pas nouvelle ! Et, de fait, beaucoup de Français choisissent l’Allemagne où le marché du travail est attractif. Mais une telle aventure demande un minimum de préparation. Pour réaliser un projet de reconversion, il faut d’abord se poser les bonnes questions et ne pas négliger certaines étapes. Motivation et organisation sont vos meilleures alliées !